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Réflexions

Confessions I

L’écriture est un formidable outil de confessions. Une forme d’expression totale et inconditionnelle. Bon, inconditionnelle peut être pas. La mesure et l’élégance sont de rigueur ici. Totale, pas à 100% non plus, car certains aspects de l’intimité ne peuvent et ne doivent pas être partagés. C’est aussi se respecter soi-même que d’avoir son jardin secret.

Mais l’écriture est tout de même un formidable outil. Et je m’en sers aujourd’hui pour me confesser. Pour me confesser en me livrant un peu plus à vous qui me lisez. Pour partager avec vous un sentiment, non pas de honte, mais d’insatisfaction à l’égard de mon comportement, ou à l’égard de pensées que j’ai pu avoir ces derniers temps.

Ah oui, quand je titre « Confessions », ce n’est pas pour venir me vanter d’un acte héroïque !

L’insatisfaction de la non-immédiateté

Nous vivons à une époque où presque tout est immédiat. On nous a biberonné au matraquage publicitaire, au slogan de la publicité « Hansaplast », au « Juvamine » qui passait en boucle 3 ou 4 fois à la suite. On nous a conditionné à tout vouloir immédiatement en nous servant tout, immédiatement. J’ai grandi à cette époque, et je vis actuellement, avec vous, à cette époque. J’en suis littéralement imprégné. Et c’est à mes yeux le strict opposé de ce que je souhaite. J’ai vraiment le sentiment de subir cette époque.

C’est en partie pour ça que j’ai décidé de me lancer dans ce projet de blog personnel qu’est « Elégance & Précision ». Une manière à moi de partager un art de vivre élégant, et par extension moral et éthique. Seulement cette démarche, c’est également un outil personnel pour m’aider à lutter contre ce conditionnement, contre cette imprégnation du besoin d’immédiateté.

En lisant ces confessions, je veux que vous compreniez que je ne suis pas parfait. Et que je travaille à me délivrer de ce conditionnement consumériste.

Le Covid-19 nous a tous touchés

Tout récemment, nous avons été des millions de personnes à être confinées chez nous. En Suisse, le confinement n’était pas aussi radical qu’en France, néanmoins les commerces non-alimentaires étant fermés, l’activité économique a été réduite à ses fonctions les plus essentielles.

Cette période particulière a permis à certains de s’interroger sur les valeurs essentielles d’une société. À d’autres de se recentrer sur leur essentiel à eux. Moi, j’ai décidé de profiter de ce temps pour approfondir mes connaissances en matière sartoriale, et de lancer « Elégance & Précision ».

Entre les livres, les forums, les blogs, Instagram, Facebook, tous les supports ont leurs avantages et leurs inconvénients en matière d’information et d’apprentissage.

Dans les livres, on s’imprègne de parti-pris, d’histoires, de règles établies. Etc.

Sur les forums, on s’est organisé en se transmettant les bonnes infos, partagés entre l’envie de soutenir la petite économie et l’opportunisme des bons plans. Et d’enchainer les achats, les uns après les autres…

Sur Instagram, depuis le début, je ne voulais pas faire de course aux « followers ». Ce n’est pas mon but et je veux simplement partager avec des personnes qui ont les mêmes centres d’intérêt que moi. Néanmoins pendant le confinement, Instagram a été un des supports qui a explosé en termes d’échanges, de contenu créatif, mais également de stimulation consumériste.

confessions de surconsommation des réseaux sociaux

Et je suis tombé dans le piège. J’ai eu envie de ressembler à des personnes dont je suivais le compte. De faire partie de leur monde. Sauf que leur univers est de vendre leur image et les produits qui y sont associés. Et je me suis fourvoyé à scruter le compteur de notifications, à tester de nouvelles techniques pour augmenter ma visibilité, etc.

L’envie de tout avoir tout de suite a été la plus forte. C’est un véritable défi de lutter contre un comportement qui a été conditionné avec soin pendant des décennies. J’en ai conscience et je le confesse. J’ai manqué de lucidité. Je veux ralentir.

Je ne fais pas mon propre procès, mais ce sont des confessions. Des confessions au travers desquelles j’admets que sur cette période qui a été particulière pour tout le monde, je me suis réfugié dans un comportement consumériste totalement influencé par les réseaux sociaux. Tellement enthousiaste à l’idée de chercher de l’information. Tellement enthousiaste à l’idée de tester pour pouvoir apprendre que j’en ai oublié l’essentiel. L’apprentissage se fait dans le temps et pas dans le volume.

Parce qu’en un mois, j’ai presque refait ma garde-robe. Alors oui, j’ai investi dans des pièces de qualité qui, dans la théorie vont me durer un paquet d’années. Mais j’ai conscience que je suis peut-être allé trop vite. Je ne regrette aucun achat dans le sens où chaque vêtement correspond à quelque chose qui me correspond et qui fait partie des classiques du vestiaire masculin. C’est la temporalité de ces achats qui me gêne. Et me confesser m’aide à l’accepter.

Ralentir

Le blog qui m’a fait ralentir

En lançant ce blog, j’ai commencé à écrire ce que j’ai toujours pensé et voulu écrire. Prendre le temps, apprendre, remettre en question, rester humble. Heureusement que je me suis lancé dans cette entreprise, parce que j’écris ce vers quoi je tends, et l’écrire me permet de m’en rappeler quand je vais trop vite.

Et puis écrire, ça ne se fait pas en un claquement de doigt. Et quand j’écris, je prends naturellement mon temps. Je me relis, je corrige, je complète.

Mais de manière générale, je vais ralentir. Il faut que je ralentisse. Il faut que je me recentre sur l’essentiel, et ce blog est à mes yeux essentiel dans la construction de mon équilibre. Vous pourrez toujours me suivre sur Instagram (@sartorialwatchmaker), mais je vais me forcer à y ralentir pour revenir à l’utilisation que je m’étais fixée initialement. Ce support doit rester un outil dont je me sers, et non pas quelque chose que je subis.

 

Cher lecteur, sache que ma démarche de valoriser ce qui est Bien, ce qui est Bon et ce qui est Beau, reste inchangée. Le chemin vers l’élégance est long. Il faut être lucidité sur l’environnement dans lequel on évolue. Il faut avoir la tête froide pour ne pas céder à la tentation. Il faut être conscient que l’on n’est pas parfait et que l’on commet des erreurs en chemin.

 

Mais l’élégance, c’est peut-être aussi admettre quand on n’a pas été élégant ?

Romain

Auteur du blog "Elégance & Précision", Horloger sartorialiste et calcéophile, je partagerai avec vous tout ce que je trouverai sur les sujets qui nous intéressent : l'élégance masculine.

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